Gilbert Romme
Mathématicien français. Charles Romme, après avoir été formé au collège des oratoriens de Riom, devient précepteur du jeune comte Stroganov en Russie où ses idées ouvrent la voie au futur mouvement décabriste. De retour en France, il est envoyé par le Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative puis à la Convention où il siège sur les bancs de la Montagne. Il remplit quelques missions, mais son activité essentielle est, au Comité de l'instruction publique, la mise au point scientifique du calendrier républicain. Il élabore parallèlement un annuaire destiné à faire connaître aux habitants des campagnes la nouvelle division du temps. Bien qu'il appartienne à l'aile avancée de la Montagne, il n'approuve pas toujours les excès du vandalisme révolutionnaire. En mission en Dordogne au moment du 9-Thermidor, il s'inquiète, après la chute de Robespierre, des progrès de la réaction. Lors de l'insurrection du 1er prairial an III, il se solidarise avec les insurgés qui viennent d'envahir la Convention et il est, pour cette raison, décrété d'accusation avec les « crêtois » (le sommet de la Montagne), Goujon, Bourbotte, Duroy, Soubrany, Duquesnoy. Condamnés à mort, les derniers Montagnards, en attendant de partir pour l'échafaud, se poignardent l'un après l'autre. Romme aurait retiré le couteau de la poitrine de son ami Goujon avant de s'en frapper au visage, au cou puis au cœur. Mort à la Plutarque qu'il faut replacer dans la tradition du « suicide héroïque » exalté par Montesquieu et le néo-stoïcisme du XVIIIe siècle. La fin des « martyrs de Prairial » fit une forte impression. La légende populaire prétendit même que Romme avait échappé à la mort et l'on reparla de lui lors de la découverte de la conjuration des Égaux.